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Le dernier enfant de Philippe Besson





Quand l’enfant quitte le nid, que faire, que dire ?

Une maman souffre de l’envol de son petit même si cela est dans l’ordre des choses. Une histoire banale du quotidien mais qui saura toucher le cœur de toutes les mamans.


Le dernier enfant

Philippe Besson

Éditions Pocket - Editions Julliard

Janvier 2022

160 pages


4e de couverture


« Elle le détaille tandis qu’il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d’une beauté qui continue de l’époustoufler, de la gonfler d’orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu’elle s’était juré de se l’interdire, qu’elle s’était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu’elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c’est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c’est le dernier matin. »

Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d’une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l’horizon inconnu qui s’ouvre devant elle.



Ce que j’en pense


Théo, le petit dernier d’une famille de trois enfants part faire ses études dans la ville proche. Il faut l’aider à emménager dans son petit studio, il faut accepter que tout ne sera plus comme avant.

Patrick le père, est philosophe sur le sujet et puis il n’a pas l’habitude de laisser parler ses sentiments. En revanche, Anne-Marie, la mère de famille, voit partir son petit, celui qu’elle n’a pas vu grandir. Ce sont tous ces repères qui éclatent, la famille qui se désagrège. Comme si l’enfant disparaissait à jamais.


Comment faire pour garder pour elle la souffrance qu’elle ressent ? Une souffrance dont elle sait qu’on va lui reprocher. Une souffrance qu’ils ne vont pas comprendre.


L’intrigue se déroule sur une seule journée mais une journée cruciale dans la vie d’Anne-Marie. On suit cette famille presque comme dans un huis clos tragique, du départ au petit matin, à trois, serrés dans le petit camion de déménagement, dans un silence pudique, jusqu’au soir au retour, dans ce camion vide, à deux.


Ce camion vide, c’est le vide qui s’ouvre devant Anne-Marie, un vide qui l’appelle. Que faire de sa vie désormais quand elle comprend qu’elle a consacré 30 années à ses enfants et seulement à ses enfants ?


Théo lui, du haut de ses 18 ans, ressent le chagrin de sa mère. Ce n’est pas ce qu’il veut, mais il n’a pas le choix, il doit se détacher, il doit vivre sa vie. Alors tout au long de la journée, c’est avec une certaine maladresse d’adolescent ingrat qu’il va tenter de rassurer sa maman. Et elle, c’est avec maladresse qu’elle va essayer de donner le change. Une journée toute en tendresse retenue.


C’est un roman, tout en subtilité et en sobriété que nous livre Philippe Besson. C’est un roman sur l’enfance qui s’en va et qui ne reviendra pas. C’est un roman sur le déchirement de la séparation, sur le passage à l’âge adulte, sur la prise de conscience qu’il y a une vie après le départ des enfants.


Je suis maman moi-même d’un grand garçon et la description de cette situation m’a beaucoup émue. Elle m’a beaucoup parlée.

Je dois bien avouer que je me suis même demandée comment l’auteur pouvait être si juste en tant qu’homme, tant ce qu’il décrit des pensées de la maman est finement décrit et tellement juste.


Philippe Besson, né le 29 janvier 1967 à Barbezieux-Saint-Hilaire, est un écrivain, dramaturge et scénariste français, anciennement directeur des ressources humaines en entreprise. Il a été également critique littéraire et animateur de télévision.





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