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Chère Mrs Bird de A.J. Peace




Un charmant roman so british dans le Londres du blitz.



Chère Mrs Bird

A.J. Pearce

Éditions France Loisirs - Editions Belfond

Février 2019

355 pages


Traduit de l’anglais par Roxane Azimi



4e de couverture


Londres, 1941.

À vingt-quatre ans, Emmy n'a qu'un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c'est un poste d'assistante à la rédaction du magazine féminin Women's Day qui lui est offert.

La mission d'Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d'amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l'autorité de Mrs Bird...

Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l'arrière. L'heure de la résistance féminine a sonné !



Ce que j’en pense


On fait connaissance avec des jeunes gens vivant dans le Londres des années de guerre. Londres et les Londoniens vivent au rythme des attaques des bombes allemandes. Beaucoup d’hommes britanniques se battent sur le continent contre l’occupant nazi, les femmes elles se rongent les sangs au foyer et gèrent le quotidien ; certaines d’entre elles participent d’une façon ou d’une autre à l’effort de guerre.

Emmy, l’héroïne a le rêve de devenir correspondante de guerre, quand et comment, elle ne sait pas, mais elle est déterminée. Après avoir répondu à une annonce, elle parvient à se faire engager dans ce qu’elle pense être un grand journal. Déception quelques jours plus tard.


Alors comment se sentir utile quand on est parachuté dans un magazine féminin qui n’a qu’un succès très limité et qui est plutôt sur le déclin en terme de lectorat ? Comment se sentir utile sous les ordres d’une Mrs Bird, un dragon sans aucune empathie ?

Comment ignorer la détresse de ces femmes qui écrivent au journal, pleines d’espoir ?

Emmy va devoir trouver sa place dans ce cadre même s’il faut prendre quelques risques et commettre quelques actions de rébellion…


Il faut dire que notre héroïne est une jeune femme très spontanée, voire maladroite, ce qui lui vaut quelques mésaventures (dont le quiproquo au moment de son embauche au journal). Ceci dit, sa personnalité fait aussi le piquant du roman, apporte une certaine fraîcheur au personnage et de l’humour aux dialogues et situations.

Au-delà de cet aspect de sa personnalité, sa réelle volonté de participer à l’effort de guerre, son poste de bénévole à mi-temps au standard des pompiers, sont louables et la rendent fort sympathique.


De façon générale, tous les personnages croisés dans ce roman sont plutôt attachants si ce n’est Mrs Bird, qui reste de bout en bout une véritable harpie. Bunty, l’amie de toujours, sage et raisonnable, Mr Collins, bougon mais au grand cœur, Bill, le pompier héroïque…


Tous évoluent dans les codes des années 40, pas d’anachronismes, l’ambiance de ces années-là est bien respectée nous mettant dans l’ambiance de ces années de guerre si particulières. Le roman est une belle évocation de la vie des Londoniens pendant le Blitz. Une ode aux courages de ceux, qui n’étaient pas en première ligne sur le front, mais qui se sont battus pour protéger la population pendant ces années douloureuses.


Les attaques de la Luftwaffe sur Londres, les bombardements dès que le ciel se dégage, sont presque un personnage à part entière du roman. Ils déterminent le quotidien des héros et vont donner à la vie d’Emmy un tournant particulier et dramatique.


J’ai aimé que le roman alternent les moments légers et pleins d’humour et les moments plus réalistes, et plus graves liés à la guerre. Les lettres rédigées par les lectrices du journal sont émouvantes et on perçoit à travers elles toutes les difficultés d’une époque et les préoccupations des femmes.


La plume d’A.J. Pearce est agréable, parfois quelque peu désuète pour s’adapter à l’ambiance de son intrigue. On sent la connaissance de l’auteure pour les journaux et revues qui paraissent à cette époque - qu’elle collectionne depuis toujours. C’est d’ailleurs ainsi qu’est née l’idée du roman.


Née dans le sud de l'Angleterre, titulaire d'un diplôme en histoire américaine, AJ Pearce travaille dans le marketing. Elle cultive une passion pour la presse magazine depuis l'enfance et collectionne les revues publiées pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est d'ailleurs en découvrant un exemplaire de Woman's Own daté de 1939 que lui est venue l'idée de son premier roman, Chère Mrs Bird.

 

Un peu d'histoire : Le blitz


Le Blitz (terme allemand signifiant « éclair ») est la campagne de bombardements stratégiques durant la Seconde Guerre mondiale menée par l'aviation allemande contre le Royaume-Uni du

7 septembre 1940 au 21 mai 1941. Il s'agit de l'opération la plus connue de la bataille d'Angleterre.

Elle toucha principalement Londres mais également Coventry, Plymouth, Birmingham et Liverpool, et aussi les villes historiques de Canterbury et Exeter et la station balnéaire de Great Yarmouth.

41 000 à 43 000 civils furent tués et 90 000 à 150 000 blessés selon des chiffres officiels. Près de 3,75 millions de Britanniques évacuèrent Londres et les principales villes. Toutefois, ce procédé utilisé par le Troisième Reich qui avait pour but de démoraliser le peuple britannique ne fonctionna pas et n'empêcha pas celui-ci de soutenir l'effort de guerre du pays.

(source : Wikipédia)



A l’arrière, les femmes sont présentes et très actives

Durant la seconde guerre mondiale, beaucoup de femmes participent à l'effort de guerre, elles travaillent notamment dans les usines d'armement, dans les services médicaux, de renseignements, de communication, elles rejoignent aussi les différents corps de l'armée royale britannique.

Dans les quartiers de Londres, on s’organise, la solidarité se met en place. Dite “défense passive”, cette organisation a recours aux civils (femmes et hommes) qui mettent en place des équipes d’assistance aux civils pour les mettre à l’abri pendant les raids, d’évacuation ...











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